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Traversée de l’Ontario


Carte du trajet par rapport au Canada

En quittant Ottawa, le bus emprunte une route traversant le Canada d’Est en Ouest en suivant le Lac Huron puis le Lac Supérieur. Les régions au sud de cette route sont très peuplées et parcourues de nombreuses routes. En revanche, au nord et à l’Ouest, c’est le début d’un désert humain où ne sont implantées que quelques rares petites villes et, et parcouru de routes toutes aussi rares. Je ne m’en rendrai compte que lorsque je me réveillerai ce matin… Il suffit de regarder la carte du Canada pour se faire une idée de ce que celà peut représenter.

Voir le trajet sur Google Maps

Je me réveille plusieurs fois au beau milieu de la nuit. Il pleut et nous traversons de petites villes. Ca donne l’impression d’un rêve. Le nom de Pembroke, une petite ville sur cette route nocture résonne comme un appel au fond de ma tête. Peut être étais-je a peine réveillé et ai entendu ce mot prononcé par le chauffeur ?

Aux premières lueurs de l’aube, notre bus a atteint la gare de North Bay. Le ciel est dégagé et les étoiles brillent encore. Cinq minutes pour se dégourdir les jambes et nous repartons direction North Bay.

La région précédent Sudbury me parait verte et fertile, couverte de forêts et de champs, la présence humaine est s’y fait encore sentir. Le soleil se lève peu  à peu et révèle un paysage de plus en plus sec, de terre rougeatre et de buissons.

La ville de Sudbury est nichée dans un groupe de collines au milieu desquelles elle semble vouloir s’étaler en longueur beaucoup plus qu’en hauteur. J’y arrive à 6 ou 7  heures et je dois attendre mon prochain bus pendant 20 minutes. J’en profite pour grignoter mon petit déjeuner.

Il y a du monde qui attend. Le bus pour Winnipeg va vite se remplir et je me retrouve à côté d’une Québecoise, Emilie. Au fur et à mesure de notre voyage, j’apprendrais qu’elle voyage avec son copain, Camille, et qu’ils se rendent tous deux en Colombie Britannique, pour travailler comme saisonniers à la récolte des fruits dans les vallées fertiles du sud de la province.

Compagnons de voyage: Emilie et Camille

Si la région précédent la ville n’était déjà pas très peuplée, j’ai l’impression que c’est à partir de Sudbury que la route plonge dans les contrées sauvages. Il y a de moins en moins de champs cultivés et l’on pénètre dans une région de forêts, de rocs et de lacs où la nature est visiblement encore vierge. Les petites villes, bastions de la civilisation au milieu de cette immensité sont espacées de dizaines de kilomètres. Pour un européen habitué aux zones urbaines, il y a là une sensation totalement nouvelle et surprenante. On prend conscience de la taille de la planète et on retrouve peut être aussi les mêmes impressions que ressentaient les premiers pionniers lorsqu’ils ont traçé puis suivi ces routes.

Whitefish, Espanola, Spanish, Blind River, Thessalon, Echo Bay, ces petites villes au milieu du grand vide évoquent cette époque d’exploration et est le reflet des nombreux immigrants qui ont construit ce pays.

Espanola, petite ville de l'Ontario

l'Ontario, succession de forêts, cours d'eau, lacs, roches...

Près de 4 heures et 350 kilomètres après Sudbury (près 500km de North Bay), nous arrivons à Sault Ste Marie  (je ne me souviens plus de l’heure exacte, peut être que mes compagnons de voyage pourront me la rappeller ^^ ). La ville est grande et s’allonge entre le Canada et les Etats Unis. Il fait déjà bien chaud. C’est une caractéristique des régions centrales du Canada: été très chaud (et humide en Ontario) et hiver très froid. Je déjeune en compagnie de Camille et Emilie dans un restaurant Tim Hortons, une franchise canadienne de fast food, probablement plus sain que les Mc Donalds.

Entre 20 et 40 minutes plus tard, ils est à nouveau temps de repartir pour suivre le lac supérieur. Au programme, 740 kilomètres de routes contournant le lac Supérieur par le nord jusqu’à Thunder Bay, ville qui marque la fin de la région des grands lacs en Ontario. Près de 9 heures de trajet. J’insiste sur ces chiffres qui me fascinent. En France ou en Europe, sur 750 kilomètres nous avons au moins trois ou quatre grandes villes, des dizaines de villages et des terres cultivées entre eux. Ici il n’y a rien, c’est complètement sauvage. Les quelques minuscules villes se comptent sur les doigts de la main. On ne peut que se sentir humble devant un paysage vierge aussi majestueux.

Les Grands Lacs

Batchawana Bay.. Montreal River.. Wawa..

Nous faisons une pause d’une vingtaine de minutes à White River ou nous mangeons dans un fast food A&W (plus du style McDo celui là :p). Petite anecdote que j’ai apprise bien après, White River est la ville d’origine de Winnie l’Ourson (the Pooh). En effet, Harry Colebourn, un vétérinaire de l’armée canadienne acheta une ourse à un trappeur de White River, la baptisa « Winnipeg » en souvenir de sa ville natale et l’apprivoisa. Plus tard il la confia au zoo de Londres, où Alan Alexander Milne s’en inspira pour créer le célèbre personnage.

C’est à White River que nous changeons de chauffeur. Pour plus de sécurité et de facilité, ceux-ci prennent en charge un bus pendant quelques centaines de kilomètres et d’heures, puis passent le relai à un autre.

Marathon, Terrace Bay ; Schreiber ou nous faisons une courte pause ; Nipigon, Rossport, Red Rock, Hurkett, Dorion, Pearl, Pass Lake. Toutes les petites villes traversées sont là. Il n’y en a pas beaucoup… Certaines sont situées sur des sites absolument magnifiques, sur des collines juste au dessus du Lac Supérieur… J’essaye de prendre quelques photos, mais je ne peux le faire qu’à travers les vitres pas toujours très propres, tant pis…

Schreiber une autre petite ville au coeur de la grande forêt ontarienne

La région des Grands Lacs

Compagnon de voyage: Poopah

En milieu de soirée nous arrivons à la gare Greyhound de Thunder Bay ou nous avons une heure avant le prochain départ. Nous sommes dans une zone d’activités commerciales, la ville semble grande par rapport à tout ce que j’ai croisé depuis Ottawa, Sudbury et Sault Ste Marie exceptés. Ce long trajet ayant permi de nouer contact avec d’autres compagnons et nous essayons d’aller prendre une bière ensemble dans un bar. En traversant la route, la conductrice du bus nous fait signe depuis une voiture… Problème, pour rentrer dans. Après avoir essayé sans succès (il manquait une carte d’identité ou je ne sais quoi) d’entrer dans une sorte de boite de nuit, nous nous rabattons sur un Tim Hortons, cette chaine de fast-food canadiens qui arrive à sortir de la « junk food ». Café, plutôt que bière, tant pis. Nous revenons devant la station de bus où nous attendons le notre en discutant entre nous. Enfin, nous embarquons pour la suite du trajet…

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